Sauvegarder un serveur Linux vers un NAS Synology avec Rsync

Pour sécuriser les données critiques d’un serveur Linux (fichiers de configuration, bases DNS ou arborescences Web), la réplication vers un système de stockage déporté est indispensable. Les serveurs NAS Synology intègrent nativement un démon rsync particulièrement efficace pour ce type d’opération incrémentielle. Ce mémo détaille la mise en place d’une sauvegarde automatisée depuis votre machine Linux vers le dossier partagé d’un Synology.

1. Prérequis sur le NAS Synology

Avant d’exécuter la moindre commande côté client, le service doit être actif sur DiskStation Manager (DSM) :

  • Ouvrez le Panneau de configuration puis accédez à Services de fichiers.
  • Sous l’onglet rsync, cochez l’option Activer le service rsync.
  • Vérifiez les autorisations de compte : l’utilisateur dédié aux sauvegardes doit posséder des droits de lecture/écriture sur le dossier de destination (par exemple le partage par défaut NetBackup ou un dossier personnalisé).
  • Assurez-vous que le port réseau par défaut (TCP 873 en mode démon rsync natif, ou TCP 22 via SSH) n’est pas bloqué par votre pare-feu local. Pour vérifier les flux actifs sur le serveur, pensez à afficher les connection socket.

2. Exécuter la synchronisation avec rsync

La commande rsync offre l’avantage de ne transférer que les blocs modifiés, économisant ainsi la bande passante. Dans notre cas, pour sauvegarder par exemple l’arborescence des zones DNS situées dans /var/named/ vers un module rsync sur le NAS :

rsync -avz –delete /var/named/ rsync://[email protected]/NetBackup/dns2/named/

Détaillons les options essentielles :

  • -a (archive) : préserve les permissions, dates, propriétaires et gère la copie conforme de chaque lien symbolique linux sans casser l’arborescence.
  • -v (verbose) : affiche le détail des fichiers en cours de traitement dans le terminal.
  • -z (compress) : compresse les données durant le transfert réseau afin d’accélérer l’opération.
  • –delete : supprime sur la destination les fichiers disparus de la source pour conserver un miroir parfait. Attention à manier ce paramètre avec précaution lors des tests.

3. Automatisation de la tâche via Crontab

Une sauvegarde manuelle présente toujours le risque d’être oubliée. L’automatisation s’effectue sous Linux au moyen du démon cron. Pour éditer la table de planification de l’administrateur, utilisez :

crontab -e

Pour planifier une exécution quotidienne en pleine nuit, par exemple à 02h00 du matin, ajoutez la ligne suivante :

0 2 * * * rsync -az –delete /var/named/ rsync://backup_user:[email protected]/NetBackup/dns2/named/ > /var/log/backup-rsync.log 2>&1

Note d’exploitation : Plutôt que de passer un mot de passe en clair dans la commande, il est nettement recommandé d’utiliser un fichier de secret via l’option –password-file=/etc/rsync.pass (avec des permissions strictes chmod 600) ou de basculer sur une session encapsulée en SSH avec échange de clés publiques.

Grâce à cette routine légère et éprouvée, votre infrastructure dispose d’une réplication fiable et autonome sur le Synology, prête à être couplée à une stratégie de rétention par snapshots sur le NAS.