Chaque fois qu’une machine Windows tente d’accéder à une ressource en utilisant son nom d’hôte ou son nom de domaine complet (FQDN), le système sollicite un serveur pour traduire ce nom en adresse IP. Afin d’éviter de répéter continuellement ces requêtes sur le réseau local ou vers Internet, le service client DNS de Windows conserve ces informations en mémoire vive : c’est ce que l’on appelle le cache DNS local. Pour approfondir les mécanismes fondamentaux de cette résolution, vous pouvez consulter notre guide pour comprendre le fonctionnement du DNS.
Afficher le cache avec ipconfig : la méthode historique
L’outil le plus direct pour visualiser ce cache en ligne de commande reste l’utilitaire ipconfig, présent sur toutes les versions de Windows. Cette commande fait partie des lignes de commandes indémodables sous Windows pour tout technicien ou administrateur système.
Pour lister l’ensemble des enregistrements actuellement présents en mémoire, ouvrez une invite de commandes (cmd) et saisissez la syntaxe suivante :
ipconfig /displaydns
Décrypter les informations affichées
La commande renvoie une succession de blocs d’informations. Voici la signification des principaux champs pour chaque enregistrement retourné :
- Nom d’enregistrement : Le nom de domaine interrogé par le système ou par une application en arrière-plan.
- Type d’enregistrement : Un identifiant numérique conforme aux RFC DNS. Les plus fréquents sont le type 1 (enregistrement d’hôte A, adresse IPv4), le type 5 (alias CNAME pointant vers un autre nom d’hôte) et le type 28 (enregistrement AAAA, adresse IPv6).
- Durée de vie (TTL) : Le temps restant en secondes avant que l’entrée ne soit purgée automatiquement du cache local. Si la valeur atteint zéro, une nouvelle requête réseau sera nécessaire lors du prochain accès.
- Section : Indique généralement s’il s’agit d’une réponse positive ou d’une réponse d’autorité.
- Enregistrement hôte ou CNAME : L’adresse IP résolue ou la cible de l’alias canonique.
Il arrive également que le cache conserve des réponses négatives (lorsqu’un domaine n’a pas pu être résolu). Cela évite de saturer le serveur DNS en cas d’erreurs répétées d’une application.
Filtrer et exporter la sortie dans l’invite de commande
Sur une machine en production, le cache DNS peut rapidement contenir des centaines d’entrées, rendant la lecture brute difficile dans la console. Plusieurs astuces simples permettent d’optimiser cette lecture :
- Paginer l’affichage : Utilisez un pipe avec la commande more (ex: ipconfig /displaydns | more) pour parcourir le résultat page par page.
- Rechercher un domaine spécifique : Combinez l’outil avec findstr pour isoler une cible particulière : ipconfig /displaydns | findstr /i « nomdomaine ».
- Exporter vers un fichier texte : Redirigez le flux pour un diagnostic ultérieur : ipconfig /displaydns > C:\temp\cache-dns.txt.
L’alternative moderne en PowerShell
Sur les versions récentes de Windows et Windows Server, PowerShell fournit une commande dédiée bien plus souple que l’exécutable historique. Le cmdlet Get-DnsClientCache retourne des objets que vous pouvez filtrer, trier ou exporter nativement.
Pour inspecter le cache avec PowerShell :
Get-DnsClientCache
Vous pouvez par exemple filtrer uniquement les enregistrements de type IPv4 réussis :
Get-DnsClientCache | Where-Object { $_.Type -eq 1 -and $_.Status -eq 0 } | Select-Object Entry, Data, TimeToLive
Résolution d’incidents et purge du cache
Lors d’un changement de serveur web, d’une migration d’adresses IP ou d’un conflit lié aux baux réseau, un cache obsolète peut empêcher l’accès aux services. Si vous avez modifié la configuration de vos serveurs DNS locaux ou si vous devez prendre précédence sur la configuration DHCP, il est recommandé de vider la mémoire de résolution immédiatement après vos réglages.
Pour réinitialiser complètement le cache DNS local :
- En invite de commandes standard : ipconfig /flushdns
- En PowerShell : Clear-DnsClientCache
Une fois le cache réinitialisé, toute nouvelle tentative de connexion obligera le système à interroger directement les résolveurs déclarés sur vos interfaces réseau, garantissant ainsi l’utilisation des adresses IP les plus à jour.




